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Internet et les réseaux physiques

Internet est un réseau logique, indépendant des supports qui le portent — fibre, cuivre, ondes, satellites.
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Introduction

Quand vous regardez une vidéo sur votre téléphone, les données passent par les ondes du réseau mobile, peut-être par le Wi-Fi de votre maison, puis empruntent des câbles enterrés, traversent des routeurs, et finissent parfois par franchir un océan via une fibre sous-marine. Internet n'est pas un câble, ni une antenne, ni un satellite : c'est un réseau de réseaux qui s'appuie sur des supports physiques très divers, et qui fonctionne quel que soit le support.

Internet est un réseau logique

Une analogie utile : Internet est comme le réseau routier mondial. Vous pouvez vous déplacer d'un point à un autre via des autoroutes, des routes secondaires, des chemins de campagne, parfois un ferry. La destination est la même ; les moyens de la rejoindre varient. Internet fonctionne de la même façon : la donnée part d'un point A et arrive à un point B, peu importe les supports physiques empruntés sur le trajet.

Internet est défini par les protocoles qui régissent les échanges (TCP, IP — vous les verrez au cours suivant), pas par un support matériel particulier. C'est ce qui le rend si flexible.

Les principaux supports physiques

Voici les supports les plus courants aujourd'hui, classés grossièrement par débit et par usage :

SupportTypeDébit typiqueUsage typique
Câble Ethernet (cuivre)filaire100 Mbit/s à 10 Gbit/sréseau local (lycée, maison)
Fibre optiquefilaire100 Mbit/s à plusieurs Gbit/saccès Internet, dorsales
Wi-Fisans fil50 à 1 000 Mbit/saccès local sans fil
4G / 5Gsans fil mobile50 Mbit/s à 1 Gbit/sInternet mobile
Satellitesans fil longue portée25 à 200 Mbit/szones isolées, mer, avion
ADSL (cuivre téléphonique)filaire (obsolète)1 à 20 Mbit/sencore présent en milieu rural

L'unité bit par seconde (bit/s, ou b/s) mesure le débit, c'est-à-dire la quantité d'information transportée par seconde. Mille bits, c'est un kilobit (Kbit/s) ; un million, un mégabit (Mbit/s) ; un milliard, un gigabit (Gbit/s).

Attention à ne pas confondre bit (l'unité du débit, écrite avec un petit b) et octet (8 bits, écrit avec un grand B). Une connexion à 100 Mbit/s transmet environ 12,5 Mo (méga-octets) par seconde — huit fois moins.

Lequel de ces supports est sans fil ?

Filaire ou sans fil : pas la même histoire

Les supports filaires (cuivre, fibre) sont en général plus rapides, plus fiables et moins sensibles aux perturbations. Mais ils nécessitent une infrastructure lourde : creuser des tranchées, poser des câbles.

Les supports sans fil (Wi-Fi, 4G, satellite) offrent la mobilité et le déploiement rapide, au prix d'un débit plus variable, d'une latence parfois plus élevée, et d'une sensibilité aux obstacles (murs, météo, distance à l'antenne).

Les dorsales d'Internet — les grands axes de communication intercontinentaux — sont presque exclusivement constituées de fibres optiques, souvent sous-marines. Plusieurs centaines de câbles relient ainsi les continents au fond des océans.

L'évolution du trafic mondial

Le trafic Internet désigne le volume total de données transitant sur le réseau. Il a connu une croissance spectaculaire ces dernières décennies : le trafic mondial double tous les deux à trois ans depuis le début des années 2000, et la tendance continue.

Pour donner un repère concret, deux chiffres et une division. Le trafic mondial vaut aujourd'hui environ 150 téraoctets par seconde, et une heure de vidéo en haute définition pèse environ 2,5 gigaoctets. Donc :

150000 Go/s÷2,5 Go/h60000 heures/s150\,000 \text{ Go/s} \div 2,5 \text{ Go/h} \approx 60\,000 \text{ heures/s}

Soit près de sept ans de vidéo… chaque seconde. Retiens la méthode plutôt que le résultat : les deux chiffres d'entrée vieillissent, la division non.

Cette croissance est portée par la vidéo en streaming (Netflix, YouTube, TikTok), les visioconférences, le cloud et les objets connectés. Une seule heure de vidéo en haute définition consomme entre 1 et 3 gigaoctets — multiplié par des milliards d'utilisateurs, l'ordre de grandeur devient vite vertigineux.

Quel usage contribue le plus à la croissance du trafic Internet aujourd'hui ?

Pourquoi cette indépendance est précieuse

Si Internet dépendait d'un seul support physique, il serait extrêmement fragile : la moindre coupure de câble suffirait à isoler un pays. Au contraire, l'indépendance par rapport au matériel garantit la résilience : si une liaison tombe, les paquets peuvent emprunter un autre chemin sur un autre support. Cette propriété, voulue dès la conception d'Internet (à l'origine, un projet de recherche financé par la DARPA dans les années 1960), explique en grande partie sa robustesse actuelle.

Cette résilience n'est pas absolue. Les câbles sous-marins peuvent être endommagés (chalutiers, séismes, sabotages), les routeurs critiques peuvent être saturés, et certains pays peuvent restreindre l'accès à Internet sur leur territoire. Mais la décentralisation rend une coupure totale et durable difficile à provoquer.

Pour aller plus loin

Au-delà des supports terrestres, des entreprises déploient désormais des constellations de satellites en orbite basse (Starlink, OneWeb) pour fournir un accès Internet aux zones que la fibre n'atteindra jamais. Ces déploiements illustrent une fois encore la souplesse du modèle : on ajoute un nouveau type de support, et Internet l'absorbe sans modification de sa structure logique.