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Les algorithmes de l'appareil photo

Autofocus, balance des blancs, HDR, débruitage — la photo numérique est calculée bien avant d'être enregistrée.
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Introduction

Quand vous appuyez sur le déclencheur, vous croyez « capturer la réalité ». En vérité, votre appareil — qu'il s'agisse d'un smartphone ou d'un reflex — exécute en quelques fractions de seconde plusieurs algorithmes, chacun prenant des décisions sur la mise au point, la lumière, les couleurs, le bruit. Ce qui sort du capteur est une soupe de mesures brutes ; ce qui arrive dans le fichier final est une image calculée.

Ce cours présente les algorithmes les plus emblématiques qui transforment les mesures du capteur en une photo nette, contrastée, équilibrée.

L'autofocus — où faire la mise au point ?

L'autofocus (mise au point automatique) cherche à rendre nette une zone précise de la scène. Plusieurs stratégies sont possibles.

  • Autofocus par contraste : l'appareil déplace l'objectif pas à pas et mesure la netteté (les contours nets ont un fort contraste local).
  • Autofocus par détection de phase : des photosites spécialisés mesurent un décalage qui indique directement la distance.
  • Autofocus par intelligence artificielle : un modèle reconnaît un visage, un œil ou un animal, et y place la mise au point.

Dans tous les cas, l'appareil exécute un algorithme avant même que la photo ne soit prise — pour décider où regarder.

Pourquoi l'autofocus peut-il échouer sur un mur uni ?

La balance des blancs — quelle couleur est neutre ?

Selon la source lumineuse (soleil, néon, ampoule, écran), le blanc « réel » n'a pas la même couleur sur le capteur. Une feuille blanche photographiée sous une ampoule jaune sera mesurée… jaune.

La balance des blancs est l'algorithme qui corrige ces dérives : il identifie ce qui devrait être blanc dans la scène et réajuste les composantes R, G, B de tous les pixels en conséquence.

On peut souvent désactiver la balance des blancs automatique et choisir un réglage manuel (« lumière du jour », « tungstène », « fluorescent »…). Utile en photo d'art ou pour conserver une ambiance.

L'exposition et le HDR

L'exposition mesure la quantité de lumière qui atteint le capteur. Trop exposée, l'image est blanche (« cramée ») ; sous-exposée, elle est sombre. Un algorithme choisit en temps réel la vitesse d'obturation et l'ouverture pour viser une exposition correcte.

Le HDR (High Dynamic Range) va plus loin : l'appareil prend plusieurs photos très rapprochées avec des expositions différentes, puis fusionne les zones les mieux exposées de chaque cliché. Une seule pression du déclencheur, mais trois ou cinq photos en arrière-plan.

Sous-exposée

Normale

Sur-exposée

HDR fusionnée

Trois prises de vue (sous-exposée, normale, sur-exposée) fusionnées en une seule image HDR

Le débruitage

En basse lumière, chaque photosite reçoit peu de photons. Les mesures sont bruitées : des pixels aléatoirement trop clairs ou trop sombres apparaissent. Un algorithme de débruitage lisse l'image en moyennant les zones homogènes tout en préservant les contours.

Trop de débruitage efface les détails. La frontière entre « image lissée » et « image qui ressemble à une peinture » est mince. Les smartphones poussent parfois trop loin pour faire de jolies miniatures.

Démosaïçage et autres traitements en amont

Avant tous ces réglages, un algorithme essentiel intervient : le démosaïçage. Rappelez-vous : chaque photosite ne mesure qu'une couleur parmi R, G, B. Pour produire une image dont chaque pixel porte les trois composantes, l'appareil interpole les valeurs manquantes à partir des voisins.

Sans démosaïçage, vous obtiendriez une image en mosaïque rouge/vert/bleu. La photo « lisse » que vous voyez est déjà le résultat d'un calcul.

Vérification de compréhension

Quel algorithme combine plusieurs prises de vue successives ?

Le démosaïçage sert à :

Pour aller plus loin

Les smartphones modernes entrent dans une autre catégorie : la photographie computationnelle. Pour un seul déclenchement, ils combinent plusieurs poses, du machine learning pour reconnaître la scène, et des réglages adaptés au sujet. Le « grain » d'une photo de smartphone n'a presque plus rien à voir avec ce que le capteur a réellement mesuré — il est en grande partie calculé pour vous plaire.